dimanche 19 avril 2015

Quand le concept prend forme...

Les derniers projets arrivent à leurs phases de prototypage dans les deux modules du bureau de conception.

Les étudiants sont dans leurs dernières semaines de cours avant le début des épreuves ponctuelles et les oraux devant jury. Ils doivent gérer au mieux le peu de temps qu'il leur reste afin de concrétiser, dans la matière,  les créations élaborées précédemment sur papier, et via des maquettes d'étude.
Les étapes et les process sont longs et délicats à mettre en oeuvre, même avec l'encadrement, l'aide et l'omniprésence des enseignants en atelier.

  • Il faut tout d'abord réaliser les moules en plâtre, à partir des roughs, géométraux et maquettes réalisés en amont.













  • Après quoi, on peut passer à la phase de coulage des prototypes, avec le matériaux choisi (grès blanc, porcelaine etc...) dans ces moules en plâtre. On verse de l'agile liquide (barbotine) dans un moule creux. Après quelques dizaines de minutes, le plâtre du moule a absorbé assez d'eau pour que la barbotine, au contact de ces parois, durcisse. On peut alors vider la barbotine qui est encore liquide. Il faudra encore attendre quelques heures avant de pouvoir procéder au démoulage de la pièce.







  • Quelques heures après le coulage  et le vidage du surplus de barbotine, l'argile a un peu durci en séchant, et a perdu de son adhérence. Il devient possible de séparer la pièce. Puis, Il faut corriger les défauts laissés par les moules tant que l'argile est malléable. Pour ces finitions d'ébarbage, les seuls outils nécessaires sont : une éponge et des ébauchoirs.




  • L'objet est laissé à sécher ou passé en étuve. Il est enfourné dans le four froid avec les autres pièces et cuit en huit  heures de temps à 1050°. C' est ce qu' on appelle la cuisson de biscuit ou dégourdi, ou première cuisson, qui va donner aux pièces solidité et durabilité, ce qui va permettre la réalisation des étapes suivantes, à savoir l'émaillage et le décor.










  • On développe donc après cuisson les expérimentations et recherches sur les effets de surface pour les pièces. Après un soigneux dépoussiérage, l'objet biscuité va enfin être émaillé, c est à dire recouvert d' une mince couche d' émail.  On va pouvoir tester les émaux soit sur des tessons, soit sur des pièces d'essai. Pour cela il faut tenir à jour son carnet de recette... les mélanges d'émaux sont complexes à réaliser afin d'obtenir la couleur ou l'effet de surface souhaité !  








  • Il faut maintenant attendre la deuxième cuisson, la cuisson d'émail, afin que se dévoile le prototype fini... !



vendredi 27 mars 2015

Le designer Pierre Casenove : une leçon de slow design

M Pierre Casenove a gratifié, encore une fois, la section de BTS2 de sa présence, en dispensant ses conseils techniques, artistiques, et sa pensée sur le design contemporain... et son avenir.

La venue de M Casenove fut encore une vraie richesse et une ouverture pour les étudiants. Il leur a fait part de sa réflexion et du recul critique qu'il a pu prendre par rapport à sa profession de designer et céramiste... mais aussi de sa vision de citoyen engagé dans les problématiques actuelles du design, en lien avec ceux de la société et du monde contemporain.


Il a tout d'abord engagé le dialogue avec les élèves, en proposant une analyse et un échange sur sa vision du créateur /designer céramique à l'heure actuelle, et sur les fondamentaux techniques et culturels que celui-ci doit posséder afin de nourrir, développer et faire aboutir ses démarches de projet... et sur le rôle que tient dans cet exercice l'éducation nationale.


Il a beaucoup insisté sur l'évolution que connaît le design céramique en France, sur le retard accumulé par rapport à d'autres pays comme l'Italie, les pays scandinaves etc... quant au fait de proposer un nouveau concept de design, cette fois plus basé sur des productions 'haut de gamme', de qualité, en tachant de rester accessibles au plus grand nombre... et surtout des productions très personnelles.  
L'univers professionnel actuel est en pleine mutation. Et de nombreuses entreprises céramiques ont bien compris les enjeux du marché. C'est pour cela qu'il a encouragé les étudiants à croire en ce qu'ils font, à développer un travail qui soit issu de leur 'originalité', une création dont ils 'accouchent' après une vraie gestation personnelle... et une vraie connaissance de leur médium principal : la terre.


 M Casenove les a mis en garde contre la création dominante actuellement dans une partie de la création design et surtout dans l'art contemporain. C'est une mise en garde contre ce prêt à penser et à créer issue, entre autre, de la toile internet où tout est accessible, où chacun copie l'autre, aboutissant à des créations clonées sans âme. Mais c'est aussi un avertissement de défiance vis à vis d'une forme de pensée unique, de pensée sclérosante, dictée par les penseurs autoproclamés du bon goût et de la 'bonne forme'.
Pour Pierre Casenove, un avenir existe, pour ceux qui sauront se détacher de cela, et oseront proposer une voie originale, personnelle. Il faudra, selon lui,  engager aussi un travail qui tisse de nouveaux liens avec une société elle aussi en pleine mutation économique et sociale... qui attend autre chose. Cette nouvelle voie, pourrait se rapprocher de ce que l'on nomme déjà depuis quelques années le 'slow design'.


Après cette discussion et ces échanges, Monsieur Pierre Casenove passa en revue les différents projets des étudiants, qui ont chacun tenté de développer une réponse au problème posé : 'aller du four à la table '



Au cours des différentes discussions, les étudiants expliquèrent leurs concepts, leurs parti-pris et les options techniques et esthétiques choisies.


M Casenove leur donna des conseils afin d'améliorer leurs projets sur ces mêmes points : techniques, esthétiques... ergonomiques, mais aussi marketing. Il suggéra quelques pistes à approfondir et à développer, en fonction des faiblesses et des points forts de chacun des projets.


Chaque étudiant bénéficia ainsi d'un regard inquisiteur, pertinent, curieux... et hautement sympathique. Ces échanges, grâce à la disponibilité et à la gentillesse de M Casenove, furent très structurant pour les projets, mais surtout pour les élèves eux mêmes.






lundi 16 mars 2015

Journée portes ouvertes au lycée Henry Moisand de Longchamp

La section de BTS CAIC expose ses travaux lors de la journée porte ouverte du lycée de la céramique Henry Moisand de Longchamp.
Cette journée permet à toutes les sections du lycée de montrer une partie de leur travail de l'année. Les étudiants de la section de BTS sont dans l'objectif, très proche, du diplôme et des oraux. Ils préparent de ce fait avec assiduité leurs dossiers sur les différents projets personnels et professionnels en cours.
Cette porte ouverte permet de tirer un pré-bilan de l'état d'avancement de ces différents projets selon chacun des élèves. Ainsi, sur l'ensemble des développements, on peut statuer de manière plus globale, déjà sur la pertinence des démarches de projet menées, et des éventuels derniers correctifs à apporter. Et aussi sur la mise en forme des différents éléments constituant le dossier des projets personnels et professionnels : maquettes, planches, recherches et essais céramiques, prototypes etc...

Quelques exemples de projets personnels et professionnels :

  • Projet 'couteau et céramique' réalisé en workshop avec le designer et coutelier d'art Jean Noël Buatois :











  • Projet 'du four à la table' réalisé en workshop avec le designer Pierre Casenove et l'entreprise Jars céramique :









  • Projets personnels, réalisés dans le cadre du stage de formation en entreprise de fin de 1ère année, projets amorcés et finalisés en cours, au lycée :





  • Travaux personnels d'expression plastique et de graphisme :



vendredi 13 février 2015

Conférence et workshop avec le céramiste d'art David Whitehead

Le céramiste d'art David Whitehead dévoile son travail et son parcours, et anime des ateliers de création au sein du lycée.




David Whitehead est né au Cap en Afrique du Sud. Géomètre, il se découvre une passion pour la céramique et part en Ecosse pour approfondir ses compétences techniques. C'est là qu'il entend parler d'un village en France "La Borne" où les potiers cuisent au bois. Il s'y installe en 1994.

Les grandes toiles des peintres Clyfford Still, Franz Kline, Robert Motherwel, mais aussi le français Eugène Leroy... l'inspirent.










Il travail sur les pièces à consistance cuir, les déforme, fait rejaillir les arêtes qui accrochent la lumière. Les pièces sont ensuite recouvertes d'engobe, dans une pose très personnelle. L'émaillage est retiré en partie par frottement, suivant le degré de mat, satiné ou brillant voulu par l'artiste.



L'artiste a tout d'abord participé à une conférence qui regroupait les différentes sections du lycée. Et après avoir présenté son cheminement personnel qui le mena de sa lointaine Afrique du Sud, à La Borne, via l'Ecosse ; il se prêta volontier au jeu des questions / réponses avec les élèves sur différents points : sources d'inspiration, philosophie de vie, techniques céramiques spécifiques, projets futurs, coût des pièces etc...




David Whitehead consacra ensuite deux jours à développer et encadrer des ateliers de création et recherche avec les élèves, en dispensant conseils, avis techniques... et bonne humeur !